Le podcast – 4 : Le fantastique en France

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Pourquoi le cinéma de genre français peine à exister et à se développer ? On sort d’une décennie (années 2010) où le nombre de projets de genre ayant vu le jour est supérieur aux années précédentes, pourtant le bilan est mitigé, sinon décevant. Le changement n’ a pas vraiment pris ; à quelques exceptions près, les essais sont restés des premiers films ou bien les cinéastes sont partis tourner à l’étranger. Pourquoi ? Comment ? Quels sont ses réseaux ?

Les films de la semaine :

Avant de se lancer dans ce vaste débat, revenons un instant sur des films de la semaine. nicco nous vend du rêve avec No de Pablo Larraín, un film dont il a trouvé l’esthétique intéressante (que Seb nous résume avec ces mot doux : “moches”, “Derrick “et “années 80”) mais qui se trouve être un peu répétitif dans sa structure. Bon, au final, c’est vrai que ça à l’air un peu chiant…

Lucas a vu Superman Man Of Steel… Voilà… Sinon, il a aussi vu The Blade de Tsui Hark  qui est sorti en 1995, et (pas en 1993, honte à Lucas et nicco), un film qui reprend le thème classique du sabreur manchot, mais dynamité par la mise en scène complètement folle du Maître.

Paul a vu Angoisse de Bigas Luna un film d’horreur espagnol à forte teneur en énucléation. Un film de genre parfaitement raccord avec notre sujet puisque la question du jour qui va torturer les méninges de nos chroniqueurs est la suivante : pourquoi par les burnes de Jupiter, le cinéma fantastique ne prend pas chez nous ?

1 – Les racines du mal

À l’heure où même des amateurs de fantastique ou de SF se mettent eux aussi à dire que « c’est pas notre truc, notre culture », il est temps que Cinéphylis rétablisse la vérité. Pour cette partie, c’est Lucas qui s’y colle. Il n’a pas de collier de barbe ni de lunettes, il porte des chemises compliquées et ne fume pas la pipe, c’est pourtant une brute en Histoire, et particulièrement celle de notre bô pays. ça tombe bien puisqu’il va faire un petit historique de ce qui, selon lui, structure la vie culturelle française :  l’opposition séculaire entre la culture populaire et la culture des élite.


En complément, cet article sur L’envers des Lumières

Vers les 18ème et 19ème siècles la notion de fantastique commence à émerger un peu plus précisément, comme en témoigne par exemple la fameuse exposition sur le romantisme noir au musée d’Orsay  Qui s’est malheureusement terminée à l’heure ou nous enregistrons. Une exposition teintée de fantastique au point que certains tableaux auraient pu servir d’artwork pour des films comme le Seigneur des anneaux :

 
Expulsion. Moon and Firelight – Thomas Cole (1828)

Mais au fond c’est quoi le fantastique ? nicco nous propose sa définition : c’est la perversion de l’environnement de l’homme. A l’opposé, la science fiction c’est plutôt la perversion de l’homme par la technologie, la science, l’homme lui-même, alors que le fantastique conserve l’intégrité de l’homme, mais perturbe son environnement, son réel, ses habitudes.

“On va pas y passer la nuit” nous dit Sébastien, notre présentateur chevelu. Il est en effet temps d’aborder le 20ème siècle et le cinéma.  Nous parlons de Serge Lehman dans le podcast, mais nous avons honteusement omis de parler d’une de ses oeuvres :  La Brigade chimérique, coécrite avec Fabrice Colin, une bande dessinée dont l’histoire prend place dans l’Europe d’avant-guerre et dont les protagonistes sont des personnages historiques réels ainsi que des personnages de super-héros créés par la littérature (et le cinéma) populaire européenne du début du XXème siècle. Des personnages comme Le Nyctalope du le feuilletoniste Jean de La Hire, Marie Curie, ainsi que sa fille, Irène Joliot-Currie et son époux, Frédéric Joliot, Gregor Samsa, le protagoniste de La Métamorphose de Franz Kafka, Le Docteur Mabuse etc…etc…

Dutilleul, Le passe-muraille de Marcel Aymé
Dutilleul, Le passe-muraille de Marcel Aymé

Avec la guerre, les mythes et légendes qui nourrissent le genre sont récupérés par les nazis. C’est l’une des raisons du refoulement du fantastique en France. L’arrivée de la Nouvelle Vague ne va pas arranger les choses : Bazin, l’ontologie de l’image cinématographique et tout le bordel vont bloquer les genres qui prennent racine dans l’imaginaire. La preuve avec Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman, dans lequel on ne fait pas que préparer des côtelettes panées pendant trois heures :

2 – Pourquoi eux et pas nous ?

Dans cette deuxième partie (un poil plus bordélique), nos vaillants chroniqueurs vont essayer de comprendre pourquoi ce qui marche ailleurs ne prend pas chez nous. Vous aurez peut-être un début de réponse avec le documentaire Viande d’origine française de Sayanoff et Schulman


Pendant ce temps là, Jean-Luc Godard filme des chiens :

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