Le podcast – 3 : Harryhausen et les magiciens

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Après le chaos de la semaine dernière, vînt la gueule de bois. Pour cette émission, on s’est dit que ce serait pas mal de bosser un poil nos sujets, surtout pour un hommage à l’un des inventeurs et inspirateur des SFX tels qu’on les connaît de nos jours : Ray Harryhausen qui nous a quitté le 7 mai dernier.

Les films de la semaine :

Sylvain nous parle de la dernière production de Guillermo Del Toro, Mamá d’Andres Muschietti. Même si le film n’est pas à la hauteur d’une autre production Del Toro du même genre : L’Orphelinat de Bayonna, Mamá reste malgré tout un premier film impressionnant.

Après que Spielberg ai donné une palme à Kechiche, Julien, a tenté de regarder La Graine et le Mulet. 10 minute d’ennui plus tard, il s’est dit qu’il avait peut-être mieux à faire, comme revoir Apocalypto de Mel Gibson, histoire de rappeler qu’une histoire simple avec un projet de mise en scène solide vaudra toujours mieux que de brasser des grands thèmes sociétaux en filmant ses acteurs en gros plans.

Lucas quant à lui nous parlera d’une scène des 7 Samouraï qui l’a marqué au point de lui donner quelques trémolos dans la voix.

Enfin, notre dernier chroniqueur, Thomas, est aussi le plus studieux puisque son film de la semaine est pile poil dans le sujet de l’émission. Il s’agit de Jason et les Argonautes de Don Chaffey, mais dont le véritable maître d’œuvre serait Harryhausen lui-même.

1 – Ray Harryhausen : (29 juin 1920 – 7 mai 2013)

Un peu partout, fleurissent les hommages à l’age d’or des SFX dont l’un des plus illustres artisan était Ray Harryhausen, décédé le 7 mai 2013. C’est aussi, comme le rappelle Sylvain, l’un des rares technicien à être plus connu que les réalisateurs des films sur lesquels il travaillait, probablement parce qu’il est quasiment l’inventeur des SFX au cinéma ! Par exemple, c’est à lui qu’on doit le principe des fond d’incrustations avec la Dynamation.

Aujourd’hui, son travail est-il dépassé ? Évidemment, à l’âge du numérique, la stop motion paraît obsolète. Pourtant, le journaliste Bill Warren rapporte une anecdote assez révélatrice de l’héritage de Ray Harryhausen, la voici en VO :

There was a lavish birthday dinner for Bob Burns in 1993; Harryhausen was in town and attended. I asked him if he had seen JURASSIC PARK yet; not for a couple of days, he said; he was dubious about the value of CGI effects. After he returned to England, I asked either Dennis Muren or Phil Tippett how Harryhausen had responded to the movie. He thought he had wasted his life, that all his work on all those movies for all those years was nothing, trivial, soon to be forgotten. This, obviously, disturbed Dennis and/or Phil; the next time he was in town, one of them took Harryhausen to meet groups of the CGI animators of the day–who LITERALLY prostrated themselves at Harryhausen’s feet. That is, they all sat on the floor, gazing with unabashed awe and admiration at the man whose work, virtually all on his own, had led them to enter the field of special effects. John Landis was also involved in some of this. After a while, it clicked: Harryhausen was talking to his children. His work hadn’t been in vain for nothin’, it was valuable and classic. Meanwhile, his movies were selling like mad on Columbia DVD and Blu-ray; all of them have been released repeatedly in one format after another. He died knowing that he was genuinely important in his field. That’s wonderful; too often giants in a specialized field go to their graves unaware of their legacy.

Le numérique n’est au final que l’évolution naturelle de la stop motion, il s’agit toujours d’animation, et les grands noms des SFX actuels sont parfaitement conscient d’être les successeurs de techniciens comme Willis O’Brien ou Ray Harryhausen. Si vous en doutez encore, allez plutôt voir le bonus caché de l’édition anniversaire Warner de King Kong, dans lequel l’on voit Peter Jackson et Weta tenter de recréer la séquence perdue du ravin et de l’araignée géante, en utilisant les techniques de l’époque, soit en stop-motion. Le tout sur leur temps libre et avec leur argent.

Pour finir, voici quelques hommages au maître comme celui de Capture Mag ou encore ce sympathique clip de The Hoosiers citant l’œuvre du grand monsieur.

2 – Le futur de l’animation : les CGI

Hier, les animateurs travaillaient avec des marionnettes, aujourd’hui, des CGI (Computer Generated Images, les images de synthèses, quoi…). Pourtant, le chemin pour arriver à Jar Jar Binks à été long… Tout commence dans les années 70 : l’imagination du public va être sévèrement titillée par l’arrivée du Personal Computer, (en l’occurrence le altair 8800). Évidemment, Hollywood ne va pas mettre longtemps à récupérer le phénomène, et quoi de mieux pour représenter des interfaces d’ordinateurs futuristes que des images générées par des ordinateurs ?

Pour mieux se repérer, voici la timeline vaguement exhaustive des CGI au cinéma :

1971 – Andromeda Strain : Il s’agit d’un des motifs très récurrent de l’utilisation des CGI : le plan d’un bâtiment en 3D.

The Andromeda Strain de Michael Crichton

1973 – Westworld : Même s’il ne s’agit pas de modélisation en 3D, la vision subjective du robot de Westworld est bel et bien une image générée par ordinateur. On note que la pixellisation d’une image est déjà associée à l’informatique.

1976 – Futureworld (la suite de Westworld) : en 1972, Ed Catmull (Disney Pixar) Réalise un court métrage dans lequel l’on voit une main en CGI. La main sera intégrée en 1976 dans le film Futureworld :

1977 – Star Wars : Plus connu pour ses maquettes et le système de pilotage de caméra pilotées par ordinateur, on a malgré tout quelques animations en CGI comme celle de  l’ordinateur servant au briefing de la bataille dans les tranchées de l’étoile noire.

1981 – Looker : le premier personnage en 3D avec des textures est : une femme à poil.  Evidemment, y’a un contexte : une compagnie appelée Digital Matrix propose à des top models de scanner leur corps et d’utiliser leurs double virtuels dans des pubs, les jeunes demoiselles sont payées à vie à rien foutre, mais bien sûr, elles vont mystérieusement déceder par la suite.

1982 – Tron : le premier film à utiliser des CGI à grande échelle (15 à 20 minutes). On est toujours dans une interface d’ordinateur, mais plus dans un écran d’ordinateur ! Les CGI remplissent cadre, et l’on est bel et bien projetté dans un monde fantaisiste.

1982 – Star Trek 2 La colère de Khan : encore une simulation sur ordinateur, mais plutôt impressionnante, dans laquelle l’on voit une planète morte se changer en monde vivant sous l’effet d’une machine appelée Genesis. Au programme, de jolis effets de particules, et des paysage en relief généré par un algorithme. Vous trouverez le making of ici :

1984 – The last Starfighter : pour la première fois, le public devait accepter les CGI non plus comme des illustrations d’une interface informatiques, mais comme des éléments photo-réalistes et intégré au film, par exemple, tous les vaisseaux, planètes et autres astéroïdes sont en CGI. Par contre, le film, lui, est un peu tombé dans l’oubli…

1986 – création de Pixar : Ed Catmull co-fondateur avec Steve Jobs et John Lasseter qui avait réalisé les premiers films d’animations en CGI comme Luxo jr. par exemple.

Bon, on va arrêter la liste là, en vrac, on aura le premier personnage animé en CGI dans les aventures du jeune Sherlock Holmes, les premiers personnages en CGI à interagir avec un environnement réel dans Qui veut la peau de Roger Rabbit (a ce propos, un mystérieux test pour les CGI de Roger Rabbit 2 traîne sur la toile), ou encore du morphing digital dans Willow et le magnifique pseudopode de Abyss.

3 – Les CGI et la critique, une histoire compliquée

A travers une petite recherche dans les revues de presse de la cinémathèque Française, Lucas est allé voir comment en leur temps, certains films ayant une importance toute particulière dans le domaine des effets spéciaux ont été reçus par la critique française.

On commence donc avec TRON. Même si la presse rappelle, à juste titre, les défauts du film, les articles purement “techniques” sont de bonnes factures. Les différentes étapes de la fabrication sont expliquées de manières claires et documentées. Et même si le films est reconnu comme important dans l’histoire du cinéma, on s’inquiète de l’entrée du “vidéogame” sur le grand écran, d’autant plus qu’il est produit par un Walt Disney qui chercherai à se renouveler face à une concurrence de plus en plus habile, par exemple Spielberg et son ET.

Dix ans plus tard c’est Jurassic Park qui débarque sur les écrans du monde entier. Et même si les journaux français sont pleins à craquer de dossier sur les dinos, le marketing, Michael Crichton et les américains face à l’exception culturelle de notre beau pays, peu de choses sont vraiment dîtes sur les effets spéciaux à proprement parler.

Enfin le Pôle Express de Robert Zemeckis, premier avatar de la technique dite de performance capture. A l’instar de Tron les journalistes comprennent et expliquent la technique de manière relativement précise, mais restent néanmoins circonspect par rapport au resultat, en particulier le rendu des visages, quelque peu inhumains. Une certaines inquiétude sur le fait de faire revivre des acteurs morts existe également.

4 – les recommandations

Difficile de parler de l’évolution des CGI dans l’histoire du cinéma sans évoquer l’excellente émission CGM sur la chaîne youtube de Gorkab. En plus d’intervenants de qualité et d’un gros boulot de documentation, CGM se paye même le luxe d’embaucher M. Bobine pour l’intro d’un épisode :

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