ep - 8 : Des seins animés

Publié le : 22 Février 2014

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Le Vent se Lève, le dernier film de Hayao Miyazaki, sorti chez nous le 22 janvier dernier, est sans aucun doute son film le plus adulte. Il s’adresse à un public nécessairement plus mature, étant à même de comprendre les enjeux de son récit. Parallèlement, le film d’animation Minuscule (2014) fait son petit succès, en s’adressant clairement à un public plus enfantin. Enfin les mastodontes comme Pixar, disney ou Dreamworks tentent avec plus ou moins de réussite de draguer un public le plus large possible en proposant divers niveaux de lecture. A qui s'adressent désormais les films d'animation ? Les enfants d'hier ont-ils le même regard que ceux d'aujourd'hui ? Et pourquoi y a-t-il des tentacules dans les animés hentai ?

 

Des seins animés, des Poneys sauvages et autres princesses lesbiennes

 

Les premiers dessins animés ne sont effectivement pas réservés aux enfants, il s’agit plutôt d’attirer un public familial. Les formats courts sont le plus souvent des premières parties avant les informations et le film proprement dit. Mais la récurrence des adaptations de contes pour enfants, les couleurs (rares encore à l’époque dans les films “sérieux”), et les libertés visuelles qu’il permet font glisser petit à petit le film d’animation dans le territoire du public enfantin. Cependant des tentatives sont faite pour l’en sortir. Ainsi Walt Disney après le pari un peu fou mais réussi de Blanche Neige (1937), et quelques autres films, essaie rapidement de lancer un projet plus personnel avec Fantasia (1940). Mais l’échec relatif du film et la seconde guerre mondiale stoppent net ces tentatives. 

la Symphonie Pastorale dans Fantasia

Fantasia : la symphonie Pastorale et ses centaures dévêtues

 

Il était une fois Walt Disney
 

Les tentatives de faire sortir ce cinéma du tout public se réfugie donc dans la contre culture, comme avec Fritz the cat (1972), premier film d’animation interdit au moins de 17 ans aux Etats-Unis. Ce genre de films restent cependant des anomalies, et il faut attendre la fin des années 1990 pour qu’un série aussi trash que South Park (1997) soit réellement sur le devant de la scène.

 

Fritz the Cat : trailer

 

Tandis qu’au japon, si l’industrie de l’animation se développe sous l’égide d’Osamu Tezuka, Astroboy (1963), elle prend très rapidement son essor et s'extrait du genre enfantin ou même familial, puisque les années 80 voient la production de films comme le tombeau des lucioles (1987). Il faut noter aussi l’apparition des OAV, et donc du Hentai, qui n'est définitivement pas pour les enfants. En France, pays ou l'animation est, dans l'esprit du public, exclusivement réservée aux enfants, la réactions aux productions japonaise fut particulièrement gratinée :

BiTS numéro 13 : Japoniaiseries

 

Un phénomène qui en revanche semble récent, c'est, dans les années 2000, l’apparition de série animées destinées aux enfants mais qui est ensuite récupéré par un public adulte. Les exemples les plus emblématiques sont Bob l’Eponge (1999) et My little pony : Friendship is magic (2007), qui ont vu se développer une communauté de fans, et un merchandising directement à leur destination.

The dude fait une apparition dans un dessin animé pour petite fille

 

Bob l’éponge, probablement une des meilleure comédie des années 2000


Le constat que l’on peut faire sur l’animation d’aujourd’hui est donc le suivant : si la grande majorité des réalisations s’adresse toujours en priorité aux enfants, on ne peut plus dire que ce type de cinéma leur soit réservé. Mais au fait depuis quand est ce le cas ? Et finalement le cinéma d’animation n’est il pas amené à terme à transcender les classes d'âge comme le cinéma traditionnel, au point que la question ne se posera même plus ?

Commentaires

KARA :

30 Avril 2014

Bonjour,
Et merci pour votre émission.

Juste quelques précisions d'un fanboy de passage :
-L'animation française à déjà par le passé tenté de faire des oeuvres adultes. En 1982, on à eu tout de même Les Maîtres du Temps, supervisé par Moëbius. Ensuite Gandahar, et plus tard Renaissance, en 3D et en Noir et Blanc ! Un pari risqué même pour l'époque. On peut citer aussi Kaena, le premier long métrage 3D français ! Techniquement bancal mais visuellement somptueux. Citons aussi Chasseurs de Dragon, plutôt enfantin mais possédant quelques passages surréalistes.

-Concernant le débat du "on peut faire en animation, ce qu'on ne peut faire en live", la 3D à brouillé cette frontière effectivement. Mais dans l'esprit de certains spectateurs que j'ai rencontré, ils ne comprennent pas pourquoi un film comme Laputa de Miyazaki est en animation par exemple. Pour eux, les voitures du film auraient dus êtres des cartoons par exemple. Oui, c'est aberrant, mais pour certaines personnes donc, animer en dessin de la réalité est un non sens (un peu comme pour certains, la peinture doit être abstraite et pas représenter la réalité).

-L'un des premiers films à "animer la réalité" fut Avalon de mamoru Oshii (Ghost in The Shell). Par exemple, les ombres sur les acteurs étaient parfois modifiés pour êtres plus esthétiques. Il n'y à pas de ralentis dans Avalon, ils ont tous étés crée par un programme de morphing spécifique, etc....

En gros ^^

Julien :

30 Avril 2014

Effectivement, on est passé plus vite que prévu sur la partie animation française, comme d'habitude on a un peu dévié du plan que l'on s'était fixé... Merci pour les précisions ^^

Géraldine :

30 Avril 2014

Moi, le reproche du "pourquoi le faire en animation alors qu'on aurait pu le faire en live ?", je l'avais surtout entendu pour le Satoshi Kon pré-Paprika. (Ce qui est plus logique mais pas forcément plus intelligent)

KARA :

01 Mai 2014

JULIEN : De rien.
Et pas de soucis, on peut pas non plus parler de tout, même en 2h ^^

SYLVAIN : Disons que ça touche une question presque plus généraliste "pourquoi faire beau ?"
C'est presque flippant comme question.
Bon déjà, il y à au départ les avantages financiers. Faire un Laputa en prises de vues réelles, et avec des FX crédibles (dans les années 80, je rappelle), clairement aucuns producteurs au Japon n'en avait les moyens. Même pas sur qu'aux USA ils auraient pus produire un tel film. Aujourd'hui, ce serait techniquement plus jouable, mais pas à l'époque je pense.
Ensuite, il y à l'aspect pratique. Exemple avec Le Tombeau des lucioles où le réalisateur disait "Oui, j'aurais pus le faire en live... Mais trouver une gamine de 8 ans qui puisse jouer la tragédie de manière aussi crédible que dans un dessin animé, cela aurait très dur à trouver" (je résume ^^).
Après l'intérêt même de faire en animation un Perfect Blue où un Tokyo Godfathers, on est dans un débat d'esthètes n'ayant pas la même vision de l'art carrément. On n'est plus dans un débat de qui à tord où raison, même. Est-ce que Valse avec Bachir aurait eu le même impact en prise de vue réelle ? Vous avez clairement répondu que non, justement. D'autres contesteront, etc.....

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