ep - 13 : La morale à zéro

Publié le : 24 Janvier 2015

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Kapo de Gillo Pontecorvo est, en 1960, une des premières fictions à traiter des camps de concentration nazis. Dans un article des Cahiers du Cinéma, intitulé De l’abjection, le critique et cinéaste Jacques Rivette éreinte le film. Il met notamment en cause un travelling avant sur le personnage d'Emmanuelle Riva qui vient de se suicider en se jettant sur des barbelés électrifiés. Rivette écrit : "l’homme [c'est-à-dire Pontecorvo, ndr] qui décide, à ce moment, de faire un travelling avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, en prenant soin d’inscrire exactement la main levée dans un angle de son cadrage final, cet homme n’a droit qu’au plus profond mépris."

 

 

Dès lors, la question de la morale au cinéma ne quittera plus l'appareil critique, pour ne pas dire qu'elle en deviendra une des principales grilles de lecture.

Ainsi, en 1976, Serge Daney écrit à propos des Dents de la Mer : "un imaginaire normalisant, cela se met en scène. Assez simplement. Celà consiste à tout filmer (événements, figurants) de deux - et de deux seuls - points de vue : celui du chasseur et du chassé. Il n’y a pas d’autre point de vue (spatial, moral, politique), pas d’autre place pour la caméra, donc pour le spectateur, que cette double position. On parle avec légereté d’”identification” au cinéma si on a pas vu que dans ce genre de films l’identification se fait au couple chasseur / chassé, avec vacillement spéctaculaire, court-circuit du savoir et du point de vue, perte de tout point de repère, mise dans la peau grisâtre de l’autre, bref, tout ce qui conduit à une totale irresponsabilisation."

De la question morale, on a tout naturellement glissé vers la question de la responsabilité.

La question qui anime donc ce podcast est la suivante : la question morale et la responsabilisation sont-ils des impératifs légitimes pour un cinéaste ?

Commentaires

max :

26 Janvier 2015

han les branleurs.... bon cest marrant quand meme

xab :

27 Janvier 2015

J'ai adoré le dernier quart de votre débat et je partage tous vos points de vue. Il y a chez vous une acuité à cerner le bien du mal. Vous nous montrez le cap à suivre et pour cela vous avez toute ma gratitude.
PS: super choix musical. Une musique morale en somme qui n'utilise jamais de procédés ambivalents et qui n'esthétise jamais l'horreur. Vive votre goût. Je me sens tout propre.

l'autre :

29 Janvier 2015

Ahahahahahah.
Z'êtes con, bande de nouilles.

Ane :

13 Mars 2015

ha mince moi qui voulait m'abonner à votre podcast !

Doc :

20 Mai 2015

Je reviens à l'instant d'un voyage dans les années 50, à savoir l'émission La Dispute (http://www.franceculture.fr/emission-la-dispute-cinema-speciale-cannes-le-fils-de-sauel-de-lazslo-nemes-et-carol-de-todd-haynes-)

Les entendre évoquer avec sérieux la question de l"interdit de représentation" qui peut toucher un film non adoubé par Claude Lanzmann, comme La vie est belle de Benini ou La liste de Schindler de Spielberg rend votre podcast plus rafraichissant que jamais. Merci.
Et je vous passe la tentative de réhabilitation timide de la musique de film au rang de... musique! Wow!

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