Cœur de tonnerre de Michael Apted, l’analyse de M. Bobine

Il y a 30 ans le réalisateur britannique Michael Apted sortait le film Cœur de tonnerre, un thriller des années 90 avec Val Kilmer qui est malheureusement tombé dans l’oubli. De nos jours, le film se trimbale très probablement une réputation de thriller pépère du dimanche soir, puisque c’était une des spécialités de Michel Apted. Pourtant, Cœur de tonnerre mérite amplement d’être redécouvert, déjà parce qu’il y a du beau monde au casting, mais également derrière la caméra puisqu’on retrouve le génial Roger Deakins à la photographie, Robert de Niro à la production et James Horner à la musique.

Mais sous ses atours de thriller classique, la singularité de Cœur de tonnerre, c’est qu’il propose de renverser l’imagerie hollywoodienne de l’Indien de la Frontière, de La chevauchée fantastique à Danse avec les loups. Le film de Michael Apted se déroule en effet longtemps après la fin des guerres indiennes, dans une réserve abandonnée par les pouvoirs publics et livrée à la corruption. En s’inspirant de véritables évènements qui se sont déroulés durant les années 70, notamment l’affaire Leonard Peltier qui a été largement commentée dans la culture populaire, Michael Apted et John Fusco, son scénariste  n’hésitent pas à pointer du doigt une politique d’État source selon eux de terribles injustices.
Dans ce nouvel épisode du Ciné-club de M. Bobine, on vous propose une réhabilitation du cinéma du réalisateur Michael Apted, qui est décédé il y a un an dans une certaine indifférence. Alors certes, sa fin de carrière est plutôt anecdotique, mais, quand le sujet le passionnait vraiment, il pouvait donner naissance à des œuvres puissantes et singulières. C’est clairement le cas de ce Cœur de tonnerre, dont le propos militant est rendu encore plus explicite par un documentaire à charge réalisé dans la foulée et qui vaut tout autant le coup d’œil : Incident à Oglala !

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