Everything Everywhere All at Once des Daniels, l’analyse de M. Bobine

Everything Everywhere All at Once sort tout juste en France, 6 mois après sa sortie aux États-Unis, et déjà, le film semble bénéficier du même bouche-à-oreille favorable qu’outre-Atlantique. On peut bien évidemment se réjouir de voir que le box-office n’a pas été complètement confisqué par le studio Marvel et ses super-héros, mais on peut aussi s’interroger sur les raisons d’un tel succès car même s’il ne fait pas jeu égal avec Spider-man ou Doctor Strange 2, le carton du nouveau film de Dan Kwan et Daniel Sheinert à de quoi surprendre.

Produit par le studio A24 pour un budget minuscule de 25 millions de dollars, le nouveau film des réalisateurs de Swiss Army Man n’est pas un blockbuster, c’est un film indépendant produit par un studio qui, même s’il fait de plus en plus parler de lui aux États-Unis mais aussi à l’international, s’adresse avant tout à un public de niche. Everything Everywhere All at Once n’était d’ailleurs pas destiné à être exploité dans un gros parc de salles, il a d’ailleurs bien failli ne pas arriver dans les cinémas français, comme c’est souvent le cas avec les films produits par A24. Mais grâce à son succès surprise, le film des Daniels a trouvé un distributeur français, car oui, Everything Everywhere All at Once est un authentique sleeper, c’est à dire un succès au box-office que personne n’avait vu venir, au même titre qu’un certain film de science-fiction sorti en 1999 : Matrix des sœurs Wachowski (dont nous avions d’ailleurs déjà parlé dans le Ciné-club de M. Bobine sur l’année 1999) !

Mais ce n’est certainement pas le seul point commun entre Matrix et Everything Everywhere All at Once car non seulement les Daniels assument d’emprunter la structure du blockbuster de Lilly et Lana Wachowski, mais il réactualise également la note d’intention qui parcours toute la filmographie des réalisatrices de Speed Racer et de Cloud Atlas.

Et si sous ses airs de joyeux bordel surfant sur la mode des multivers, Everywhere All at Once était un pari plus risqué qu’il n’y paraît ? Et si les Daniels étaient finalement les héritiers des Wachowski ?

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