Matrix Resurrections de Lana Wachowski : de l’autre côté du miroir

Lana Wachowski n’a peut-être pas fait exploser le box office avec Matrix Resurrections (loin s’en faut malheureusement), néanmoins, quelques mois après sa sortie, le film semble toujours autant polariser les nombreux fans de la saga Matrix. Le film a même divisé l’équipe du Ciné-club de M. Bobine, comme vous aviez pu le voir dans de notre vidéo de réaction à chaud de décembre dernier.

Et force de constater que ce Matrix Resurrections à de quoi dérouter, même si tout le monde semble s’accorder sur le fait qu’il s’agisse d’un film “meta”, c’est-à-dire une œuvre consciente de son statut de fiction. En effet, Lana Wachowski semble elle-même se mettre en scène dans la peau de Thomas Anderson, le concepteur d’une trilogie de jeux vidéos intitulés Matrix, à qui l’on demande de revenir travailler sur un quatrième volet, une suite non désirée par son créateur, mais imposée par le studio Warner Bros., celui-même qui est derrière la trilogie Matrix de Lilly et Lana Wachowski. Dès lors, il est difficile de ne pas voir en Matrix Resurrections, un moyen pour Lana Wachowski de régler ses comptes avec la Warner. Après tout, à la faveur d’un changement de direction, le studio avait torpillé volontairement la sortie de Jupiter Ascending, enterrant définitivement l’idée de faire une trilogie des aventures de Jupiter Jones. Peu après, les exécutifs du studio ont commencé à plancher sur un quatrième volet de la saga Matrix dans le dos de ses créatrices, confiant l’écriture au pauvre Zack Penn qui ne semblait pas savoir lui-même s’il bossait sur un spin-off, un reboot ou une préquelle…

Et pourtant, ce n’est pas ce que Lana Wachowski affirme en interview. Au contraire, elle serait revenue de son plein gré, car elle dit avoir eu le besoin de retourner dans l’univers de Matrix pour l’aider à faire le deuil de la mort rapprochée de ses parents, à qui elle dédie le film. Alors évidemment, c’est toujours difficile de tirer des conclusions définitives dès qu’on aborde une œuvre estampillée Wachowski. Néanmoins, il nous semble que loin d’être un reniement de la saga qui l’a fait connaître au grand public, Matrix Resurrections semble au contraire être le parfait prolongement de la trilogie Matrix, mais aussi et surtout du reste de la filmographie des sœurs Wachowski, de Speed Racer à Sense 8 en passant par Cloud Atlas et même le mal-aimé Jupiter Ascending.

En complément, on vous invite à lire la critique à chaud de Nicolas Gilli sur le site Furyosa qui développait des pistes très intéressantes sur ce quatrième volet de la saga Matrix, mais aussi notre épisode consacré aux résonances du premier volet de la saga avec le cinéma de science-fiction des années 90 !

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